Sauver les espèces menacées

ECHOUAGE DE DAUPHINS

En mai 2008, les habitants du quartier de Yoff Tongor ont assisté à un bien macabre spectacle : un grand nombre de dauphins (Globicephala melas) est venu s'échouer sur la plage. Les riverains présents lors de l'échouage sont aussitôt intervenus afin d'essayer de venir en aide aux rescapés.

Prévenue de cette hécatombe, l'équipe de l'Océanium s'est dépêchée sur les lieux pour tenter une opération sauvetage et alerter les médias.Des enfants ont maintenu les animaux encore vivants dans l'eau et des pêcheurs ont participé au remorquage au large grâce à leurs pirogues. Grâce à leur intervention 50 mammifères ont pu être sauvés.

Les causes d'un tel drame sont comme chaque fois difficiles à déterminer : contamination ? perturbations humaines ? suicide collectif ?


Photo : Agence Kamikazz

 


Photo : Agence Kamikazz

 


Photo : Agence Kamikazz

 


PECHE DE REQUINS

Dans certaines régions, les requins sont pêchés uniquement pour leurs ailerons qui alimentent le marché asiatique. Le reste de la carcasse est tout simplement rejetée en mer.
Afin de sensibiliser le public et les pêcheurs, un film a été réalisé par L'Oceanium en 2003 : Requin : Chronique d'une mort annoncée. Ce film met en évidence la pêche abusive des requins pour leurs ailerons le long du littoral de l'Afrique de l'Ouest.
L'Oceanium soutient aussi la campagne de l'association Longitude 181 contre la pêche des requins.

Dans tous les cas :

 

 

  • N'achetez pas de souvenirs arrachés à la mer dont les dents de requin,
  • Boycottez les restaurants qui servent de la soupe d'ailerons de requins.




CAMPAGNE DE SAUVETAGE DU YET


Des campagnes de sensibilisation de l'Oceanium ont pour objectif d'inciter les pêcheurs artisans à remettre les bébés en mer. La pêche du Yet est traditionnelle au Sénégal, sa chair fermentée et séchée est utilisée comme condiment dans la préparation du Tiep bou dièn, le plat national du pays. De plus, les  consommateurs asiatiques raffolent de la chair de ce mollusque qui ressemble beaucoup à celle de l'ormeau qui est consommé en Asie.
La pêche est pratiquée toute l'année, y compris les mois de janvier à mars, période où les femelles capturées sont porteuses de bébés. En janvier, la proportion de femelles pleines est de 88%, ce taux atteint 100% en février et en mars.

Afin de sauvegarder cette ressource halieutique, différentes campagnes de sensibilisation de l'Oceanium ont permis :

- la sensibilisation des pêcheurs à la notion de gestion durable
- la collecte de plus de 10 000 signatures en faveur de l'arrêt de la pêche durant la période de reproduction
- la signature d'un arrêté qui interdit la pêche du yet signé par le Ministère de la Pêche en 1998 et 1999
- le ramassage de plus de 70 000 bébés dont 42 000 ont été remis à l'eau
- la réalisation d'un film, "Nurkatou Yëtë" en 1997


 

PRATIQUES DE PECHE DESTRUCTRICES

Les mauvaises techniques de pêche provoquent une perte inestimable de la ressource halieutique à cause de la prise de nombreux juvéniles et alevins. Cela est d'autant plus scandaleux que ces poissons de trop petite taille ne peuvent être vendus. Sur les plages, le spectacle est désolant et les poissons morts dégagent des odeurs pestilentielles pour les riverains et les touristes.

L'Oceanium distingue plusieurs problèmes :

- Les filets dérivants
- Les filets à petit maillage
- Le braconnage avec la pêche à la dynamite et la pêche en bouteille


Les filets dérivants

Les pêcheurs artisanaux sénégalais utilisent couramment des filets de type mono-filament en nylon à bord de leurs pirogues. De taille plus ou moins variable, ils peuvent atteindre des centaines de mètres.

Ces instruments de capture sont fréquemment perdus sur les lieux de pêche aux abords des épaves et des fonds rocheux, là où la concentration de poissons est importante.
Accrochés à leur support, ces filets perdus continuent à pêcher inutilement pendant des dizaines d'années. Au delà du spectacle morbide qu'ils suscitent quand les plongeurs les découvrent, ce phénomène provoque également un étouffement des fonds réduisant la vie de l'écosystème marin. Les plongeurs de l'Océanium se mobilisent régulièrement pour retirer des fonds ces filets perdus.

Les filets à petit maillage

Cette pratique de pêche est irrationnelle et ne laisse que peu de chance de survie aux alevins et juvéniles, gages de la reconstitution des stocks halieutiques.
Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation et notamment celle réalisée en partenariat avec le WWF ouest-africain en novembre 2003, la pêche des alevins et des juvéniles est encore monnaie courante sur la côte.
La législation interdit pourtant le maillage des filets inférieur à 24 mm pour la pêche artisanale, ce qui devrait permettre aux petits poissons de s'échapper.
Dans un contexte traditionnel africain où le « lendemain » est une notion floue et devant la nécessité de subvenir aux besoins rapidement, la gestion durable des ressources est un concept difficile à faire apprécier.

Le braconnage : Pêche à la dynamite

Bien que formellement interdite depuis 1987 au Sénégal par le Code de la Pêche , la pêche à l'explosif est encore couramment pratiquée par des groupes commandos dans la zone des Carrières et sur la côte Sud de la pointe des Almadies à Dakar.
Les impacts dévastateurs sur la ressource et le milieu sont importants. En effet, plus de 80% des poissons tués lors de l'explosion se déposent dans les fonds marins sans être ramassés. A cela s'ajoute la destruction physique des fonds lors de la déflagration.


Le braconnage : La pêche en bouteille

Bien que cela soit formellement interdit, certains braconniers pourvus de bouteilles de plongée chassent dans les fonds marins.
Le plus souvent, ces derniers pillent les zones de frayère, là où les poissons regroupés en banc viennent se reproduire. Cette pratique désorganise le groupe et a pour conséquence une baisse de la reproduction des poissons.


SAUVETAGE DE LAMANTINS


Samedi 1er Avril 2006, suite à une mobilisation de 6 villages Thioubalo, environ 2000 personnes se sont retrouvées pour participer au sauvetage de lamantins.
Il arrive que cet animal se laisse surprendre par la descente brutale du niveau de l'eau en saison sèche et se retrouve piégé dans un marigot, celui-ci petit à petit s'assèche et l'animal meurt. A Wendou Kanel, les pêcheurs munis de leurs filets se sont mobilisés avec L'Océanium et ont ainsi parcouru le marigot au secours de cet animal qui sera baptisé "Kanel".





L'animal est sorti sous les acclamations de la foule, placé sur le camion de l'Océanium et rapidement transporté au village de Thiali où il est relâché dans le fleuve Sénégal. Il s'agit d'une belle réussite puisque les populations locales, directement concernées par ces prises accidentelles, ont été les premières actrices du sauvetage.

ECHOUAGE DE DAUPHINS


En juin 2004, sur les côtes mauritaniennes près de la frontière sénégalaise en face de l'île de Mboyou,  40 dauphins se sont échoués morts sur le rivage.
Ces mammifères marins que tous les pays de la frange atlantique se partagent en raison de leur grande migration sont protégés par les conventions internationales. Ce phénomène n'est pas isolé, quelques mois auparavant, 256 dauphins et une baleine avaient été retrouvés morts sur les plages de la région. Aucune réponse n'a été apportée à ce jour sur cet échouage massif.